[2012-Taches_missions_objectifs_AIMA.doc]

[version anglaise : 2012-AIMA_Mission_Statement]

 

LES TÂCHES [ou les MISSIONS, les OBJECTIFS] DE L’AIMA

 

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L’AIMA aura bientôt un demi-siècle d’existence (1966-2016). Il n’est pas trop tôt pour commencer à réfléchir sur ce passé déjà long et pour tenter d’en tirer quelques enseignements. À quoi l’AIMA a-t-elle servi dans le passé, à quoi peut-elle servir dans le futur, et surtout à quoi voulons-nous la faire servir ? Telles sont les questions auxquelles sont proposés quelques éléments de réponse dans ce qui suit.

 

L’héritage : les congrès, la revue Acta Museorum Agriculturae.

 

Commençons par rappeler la règle selon laquelle l’AIMA tient congrès tous les trois ans, chaque fois dans un pays différent. Car cette règle est fondamentale. Il est arrivé que le délai des trois ans n’ait pas été respecté à la lettre, mais à cela près, les congrès se sont succédé sans véritable interruption depuis la création de l’AIMA, et on peut considérer cela comme un vrai succès. Les congrès ont été et doivent rester une tradition essentielle dans la vie et l’activité de l’AIMA. Tradition vivante et forte, à laquelle nous devons rester fidèles.

La seule innovation qu’on puisse envisager sur ce plan est d’élargir le cercle des pays concernés. Jusqu’ici, tous les congrès sont tenus dans des pays européens, et il y avait de solides raisons à cela. Pratiquement, ce fut longtemps la seule solution possible, et on est en droit d’estimer que c’est encore la meilleure. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous poser la question : l’AIMA doit-elle, dans les faits, rester européenne, ou doit-elle  devenir une association réellement internationale ? Dans la première hypothèse, le bon sens voudrait qu’on en change la dénomination et les statuts. Si au contraire nous pensons que l’AIMA doit devenir véritablement internationale, ce qui est d’ailleurs inscrit dans ses statuts actuels, alors il faut que certains de ses congrès se tiennent hors d’Europe. C’est un point sur lequel le Presidium devra se prononcer explicitement.

Il paraît en outre souhaitable d’introduire quelques modifications dans l’organisation des congrès eux-mêmes. Que le thème de chaque congrès soit de la responsabilité du pays hôte, c’est la tradition de l’AIMA, tradition excellente et qu’il n’y a aucune raison de remettre en question. Mais les congrès sont aussi l’occasion de rencontres et d’échanges sur toutes sortes de questions autres que le thème principal. Il est donc souhaitable que dans l’organisation de chaque congrès, une certaine plage de temps soit réservée à des ateliers libres, sur d’autres thèmes que celui du congrès. À la seule condition naturellement que l’inscription de tel ou tel atelier au programme du congrès ait été demandée au préalable par un nombre suffisant de participants.

C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la plupart des congrès scientifiques internationaux, où l’existence d’un thème principal n’exclut nullement la tenue d’ateliers libres. Diversité qui est plutôt un facteur de succès, dans la mesure où elle permet de rassembler au delà des spécialistes du thème principal. Il est probable que les congrès de l’AIMA seraient plus appréciés et plus suivis si cette diversité d’expressions y avait une place reconnue, et pour ainsi dire officielle. Là encore, c’est au Presidium qu’il appartient de dire si l’usage des ateliers libres doit être introduit de façon explicite dans l’organisation de nos congrès.

 

Après les congrès, l’autre activité de l’AIMA a longtemps été la revue Acta Museorum Agriculturae (AMA), où étaient publiés les actes des congrès. D’abord publiée à Prague par le Musée d’Agriculture de Tchécoslovaquie, cette revue a cessé de paraître après le volume XXII, contenant les actes du congrès de 1989 à Randers (Danemark), publié en 1991. Par la suite, les actes des congrès ont été publiés par les pays organisateurs. Faut-il considérer la disparition d’AMA comme inéluctable ? Ou faut-il au contraire essayer de faire renaître cette revue sous une forme ou sous une autre ?

La question est complexe. Elle pose une multitude de questions, notamment d’ordre juridique (qui est propriétaire du titre ?) et technique (ne vaut-il pas mieux s’en tenir à une publication électronique ?). Elle implique aussi une réflexion d’ensemble sur le devenir des revues, nationales aussi bien qu’internationales, consacrées à l’histoire de l’agriculture. Ce qui nécessiterait un gros travail préalable de recherche documentaire, car ces revues sont ou ont été nombreuses1,. Avons-nous, à l’AIMA, les ressources nécessaires pour entreprendre un tel travail ? Là encore, c’est une question sur laquelle seul le Presidium est en mesure de se prononcer.

 

Les thèmes relevant de la compétence de l’AIMA. 1- La muséologie.

 

Il peut sembler un peu contradictoire, après avoir plaidé en faveur d’ateliers libres, de proposer une liste de thèmes susceptibles de faire l’objet de tels ateliers. L’exercice, qui n’est d’ailleurs pas facile, risque en effet de limiter trop étroitement le champ des réflexions. Si je le propose malgré tout, c’est pour nourrir une réflexion qui doit rester aussi ouverte que possible. Autrement dit, il ne faut pas voir dans ce qui suit un catalogue défini de thèmes à traiter, mais une simple liste d’exemples possibles, que chacun pourra compléter ou corriger à son gré.

J’ai trouvé commode de répartir ces exemples en deux catégories, selon qu’ils relèvent plutôt du fonctionnement interne des musées, c’est-à-dire de la muséologie, ou plutôt de leur contribution à l’histoire, à la géographie, à l’archéologie, etc., de l’agriculture, c’est-à-dire de la recherche ― étant bien entendu qu’il n’y a pas de limite tranchée entre les deux catégories.

 

Voici quelques thèmes qui relèvent plutôt de la muséologie proprement dite :

- documentation, conservation et sécurité des objets (« objets » étant pris ici au sens le plus large, y compris archives, films, archives sonores, documents électroniques, etc.) ;

- réalisation d’expositions permanentes et temporaires ;

- statut des musées et de leurs collections ; conditions d’acquisition et d’aliénation des objets ; assurances, normes de sécurité pour les parties ouvertes aux visiteurs, etc. ;

- coûts de fonctionnement des musées, leurs ressources, possibilités de financements publics et privés ; le marché des objets de collection ;

- collaboration des musées entre eux et avec les collectionneurs : échanges d’informations ou d’objets, organisation et circulation d’expositions, etc.

- rapports des musées avec les administrations, les organisations agricoles et professionnelles, les entreprises privées…

- rapports des musées avec les universités et les institutions de recherche ;

- relations avec le ou les publics ; identification des publics visés : scolaires (professionnels, « grand public », etc.) ; analyse et bilan des opérations (expositions temporaires, publications, etc.) destinées à ces différents publics.

 

On reviendra plus loin sur certains de ces points. Pour compenser ce que cette énumération a de trop sec ou de trop abstrait, un exemple concret peut être utile. Celui des véhicules agricoles a l’intérêt de poser des problèmes de conservation particulièrement difficiles. Il s’agit en effet d’objets en bois (sauf les bandages de roues, etc.) et de grandes dimensions. En bois, cela signifie qu’ils se détériorent très vite lorsqu’ils sont laissés à l’air libre. Et de grandes dimensions, ce qui fait que leur conservation exige des surfaces couvertes considérables, dont beaucoup de musées ne disposent pas. Par ailleurs, il faut bien constater que ces véhicules n’intéressent qu’assez peu les collectionneurs, au contraire de ce qui est le cas pour les tracteurs, les moissonneuses et les machines en général. Le résultat est que, dans un pays comme la France, la situation est particulièrement désastreuse à cet égard. Est-elle meilleure dans d’autres pays ? C’est possible, c’est même probable. D’où l’intérêt d’un groupe de travail international sur ce thème, au sein duquel les différentes solutions apportées à ce problème pourraient être identifiées et portées à la connaissance de tous..

 

Les thèmes relevant de la compétence de l’AIMA. 2- La recherche.

Les thèmes relevant de la recherche sont évidemment innombrables. Ceux qui intéressent plus particulièrement l’AIMA sont évidemment ceux qui partent de l’interprétation des collections. Ici encore, le thème des véhicules agricoles serait un bon exemple. Au delà des questions d’ordre muséologique, en effet, il pose d’innombrables questions d’ordre historico-géographique qui appellent des comparaisons internationales aussi larges que possible. Où que ce soit dans le monde en effet, et autrefois comme aujourd’hui, le transport a toujours été une des tâches les plus importantes et les plus astreignantes de l’agriculture, et la diversité des moyens de transport (y compris leur absence) est un des facteurs essentiels qui permettent d’interpréter la diversité des agricultures elles-mêmes.

À titre indicatif, voici deux autres exemples qui concernent directement l’interprétation des objets, et notamment des outils de l’agriculture.

Celui, d’abord, des gestes du travail, dans des activités aussi diverses que le semis, la récolte (notamment le maniement des faucilles, des faux, etc.), le travail des grains (à la meule, au mortier), le pétrissage du pain, la conduite des animaux, et quantité d’autres. Les gestes du travail sont parfois en outre accompagnés de cris modulés, de chants etc. Nous savons tous qu’une connaissance précise des gestes est indispensable à l’interprétation des objets. Or les gestes, les chants, etc., ont souvent une géographie propre, qui implique des comparaisons internationales aussi larges que possible. En outre, beaucoup de ces gestes ont déjà disparu et ne nous sont connus que par des sources qui posent des problèmes de conservation ou de documentation spécifiques (iconographie, films, enregistrements sonores, etc.).

Un autre exemple serait celui des fabricants d’outillage agricole. On pense bien sûr aux artisans de village, notamment aux forgerons. Mais il ne faut pas oublier les fabricants plus spécialisés, dont l’existence, pour certains, est attestée depuis plusieurs siècles. Ces fabricants avaient parfois des aires de chalandage très vastes, internationales. Ce fut le cas typique, du XVIIe au XIXe siècle, des fabricants autrichiens de faux, dont les produits se vendaient dans presque toute l’Europe. Mais il faudrait aussi s’interroger sur les fabricants d’outils manuels spécialement destinés aux pays coloniaux (machettes, entre autres). La fabrication de véhicules agricoles, d’instruments aratoires, et plus tard naturellement de machines agricoles, est également un thème auquel les comparaisons internationales peuvent apporter beaucoup. Le fait que l’histoire de l’agriculture rejoint ici celle de l’industrie, peut en outre être l’occasion de collaborations fructueuses avec d’autres institutions.

Ces exemples ne sont proposés que pour mémoire. Ce qui peut faire l’originalité et la force de l’AIMA, c’est de proposer des recherches à partir des objets. La recherche universitaire classique ignore trop souvent l’intérêt des objets et des questions qu’ils posent. C’est une lacune que l’action de l’AIMA peut permettre de corriger.

 

Les relations de l’AIMA avec d’autres organismes.

 

L’AIMA est, depuis sa création, une « organisation affiliée à l’ICOM ». Mais cette relation qui est restée un peu formelle, il faudra lui donner davantage de contenu. Des contacts à cet effet ont été pris au siège de l’ICOM à Paris. Un des problèmes qui se posent, que ce soit avec l’ICOM ou avec d’autres organismes, est que l’AIMA n’a pas de réelle existence juridique. C’est un problème difficile auquel le secrétaire, a déjà consacré beaucoup d’efforts.

Mais s’il est nécessaire de renforcer les liens de l’AIMA avec les institutions muséales telles que l’ICOM, il l’est tout autant d’agir du côté des institutions agricoles, à commencer par la FAO. Cela ne va pas de soi, parce que la FAO n’a pas manifesté jusqu’ici d’intérêt bien marqué pour les questions relatives au patrimoine et à l’histoire de l’agriculture. Les contacts qui ont été pris ces derniers mois avec un de ses responsables, Luc Guyau, n’ont pas encore abouti à des décisions concrètes, mais ce n’est qu’un commencement. Peut-être pourrait-on envisager une future réunion du Presidium au siège de la FAO, à Rome, dans le but de faire avancer pratiquement les choses.

 

D’une manière générale, la question se pose des relations entre les musées d’agriculture et les organisations professionnelles agricoles. Mais c’est une question qui ne peut être résolue que pays par pays. Le rôle de l’AIMA dans ce domaine pourrait être de faire connaître à ses adhérents les solutions les plus intéressantes trouvées dans certains pays.

 

Enfin, la question se pose aussi des relations des musées d’agriculture avec les institutions d’enseignement. L’enjeu ici est particulièrement important, et il le deviendra de plus en plus. Car dans les sociétés modernes, l’agriculture ne fait plus partie de l’horizon des citoyens ordinaires, ce qui laisse la place à toutes les idées possibles et imaginables, y compris les plus fausses. Dans quelle mesure un enseignement de l’histoire de l’agriculture, appuyé entre autres sur les musées, permettrait-il de remédier à cette situation ? Quelle place pourrait-on ou devrait-on donc faire à l’histoire de l’agriculture dans l’enseignement ? Dans l’enseignement général d’abord, à tous les niveaux envisageables. Mais aussi et surtout dans l’enseignement agricole et agronomique, où l’histoire est trop souvent considérée avec le dédain ou la méfiance qui affectent tout ce qui porte la marque du « passéisme ». Ici encore, le rôle de l’AIMA pourrait être de faire connaître les situations qui existent dans différents pays, avec leurs avantages et leurs inconvénients respectifs.

 

Activités tournées vers le public : expositions, fêtes, publications, etc.

Bien que la question des expositions soit évidemment centrale pour tous les membres de l’AIMA, nous n’y reviendrons pas ici, si ce n’est pour rappeler que le succès des expositions dépend beaucoup de l’intérêt qu’elles parviennent à susciter dans tel ou tel « public ». L’analyse des publics est un thème essentiel de toute politique muséale.

De la question des expositions, on passe sans transition à celle des « travaux à l’ancienne », fêtes des battages, et démonstrations de toutes sortes, qui ont pris une importance considérable depuis au moins les années 1970. Certaines de ces fêtes sont organisées par des musées, mais pas toutes. En France en tous cas, ce sont souvent des associations locales qui en ont pris l’initiative, et qui continuent à les organiser depuis trente ou quarante ans avec un succès qui ne se dément pas. La plupart des pays ont des expériences à la fois semblables et différentes. Il serait bon que l’AIMA puisse susciter des études comparatives internationales sur l’organisation de ces fêtes, leur succès, leur évolution. Un problème essentiel est évidemment de savoir ce qui se passe quand les premiers démonstrateurs, qui étaient des travailleurs « authentiques », dans la mesure où ils ne faisaient que reproduire en public des gestes qui avaient été ceux de leur vie quotidienne, disparaissent et sont remplacés par des « acteurs », qui reproduisent les mêmes gestes sans avoir eu la même expérience vécue. C’est un peu le problème de l’archéologie expérimentale…

Les publications des musées sont également destinée au grand public, mais en partie seulement. Car nombreuses sont celles (les catalogues, par exemple) qui sont d’abord à usage interne, même si on s’efforce souvent, et à juste titre, de les rendre accessibles à un public plus large. Ces publications à usage interne sont principalement destinées aux professionnels des musées eux-mêmes2, ainsi qu’aux chercheurs, collectionneurs, amateurs ou connaisseurs qui s’intéressent à telle ou telle catégorie d’objets. Ces publications ont souvent un caractère un peu confidentiel, et une diffusion trop restreinte. Que peut faire l’AIMA pour améliorer cette situation ? C’est encore une question qui doit être soumise au presidium. Il est clair que si l’AIMA parvient, comme il est envisagé, à se doter d’un site Internet, ce site pourra être un instrument tout à fait essentiel en vue de l’élaboration d’une bibliographie réellement internationale des publications produites par et sur les musées d’agriculture.

Un dernier exemple, qui paraîtra peut-être un peu anecdotique, est celui des modèles réduits et des jouets. Les jouets sont de toujours et de toutes les civilisations. Encore aujourd’hui, il suffit de visiter quelques boutiques spécialisées pour se rendre compte de l’importance que les jouets « agricoles » (tracteurs avec leurs remorques, moissonneuses-batteuses... ) continuent d’avoir dans nos sociétés modernes. Mais à côté des jouets proprement dits, il y a eu des modèles réduits, fabriqués dans un but plus sérieux, publicitaire ou pédagogique. Ces modèles « sérieux » ont probablement eu leur heure de gloire au XIXe siècle, comme moyen de diffuser la connaissance des machines et des instruments perfectionnés auprès d’écoliers ou de paysans auxquels les descriptions et les dessins ne parlaient pas aussi clairement que les objets en trois dimensions3. Beaucoup de ces modèles ont disparu, mais il en reste des collections ici et là, qui mériteraient peut-être qu’on s’y intéresse davantage.

Dans la question générale des activités tournées vers le public, il ne faut pas sous-estimer l’importance des modèles réduits, qu’ils soient jouets ou « objets sérieux ». Les jouets et modèles anciens sont des objets de collection comme les autres et qui doivent être traités comme tels. Mais on peut aussi se demander si les musées ne pourraient pas susciter ou organiser eux-mêmes la fabrication de modèles, dans le double but de mieux faire connaître certains objets de leurs collections et d’en tirer des ressources par la vente (ou par la perception de droits). Probablement certains musées l’ont-ils déjà fait, et il serait utile de connaître le résultat de leurs expériences. C’est encore un thème sur lequel l’AIMA pourrait être utile comme instrument d’échanges entre ses membres.

 

Dernières remarques

L’AIMA est une association sans moyens importants. Il est évident qu’il serait contre-productif de la lancer prématurément dans des projets trop nombreux ou trop ambitieux, ce qui ne pourrait aboutir qu’à l’échec et au découragement. Mais rien ne nous empêche de réfléchir à ce qu’il serait souhaitable de faire, ne serait-ce que pour pouvoir réagir en temps utile aux opportunités qui pourraient se présenter. Cette réflexion doit être collective. Toutes les idées sont bienvenues et doivent pouvoir circuler sans contraintes, étant entendu qu’il ne faudra engager l’association dans des actions concrètes que si un minimum de conditions favorables sont réunies. Reste que c’est par la circulation des idées que se créent, parfois, les conditions favorables à leur réalisation. Et cette tâche-là est bien du ressort de l’AIMA.

 

François Sigaut
Le 8 avril 2012

 

1 Quelques titres parmi beaucoup d’autres : Agrártörténeti Szemle en Hongrie, Agricultural History aux États-Unis, Agricultural History Review en Grande-Bretagne, le JATBA (Journal d’Agriculture Tropicale et de Botanique Appliquée) en France, Tools and Tillage au Danemark, Vĕdecké Práce Zemědělského Muzea en Tchécoslovaquie, Zeitschrift für Agrargeschichte und Agrarsoziologie en Allemagne…).

2 Un exemple ancien de publication d’intérêt international est le Handbuch der Europäischen Freilichtmuseen für die Reise, für das Studium, für die intermuseale Kommunikation d’A. Zippelius (Köln/Bonn 1974), publié par le Musée de plein air de Kommern en Rhénanie. Les mots „communication intermuséale“ qui apparaissent dans le sous-titre sont particulièrement significatifs des intentions de l’auteur.

3 La tentative la plus récente d’utilisation de modèles à des fins pédagogiques a peut-être été celle présentée dans la brochure Models for rural development, par C. De Laet et al. (Londres, Acton Society Trust & Commonwealth Science Council, 1979).


 

AIMA MISSION STATEMENT

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The AIMA will soon be able to celebrate half a century of existence (1966-2016). It is not too early to begin thinking about this past, which is already appreciably long, and to endeavour to explore what we have learned. What was the AIMA’s mission in the past and what can it be in the future, most especially, what do we want it to be? These are the questions for which some elements of response are outlined here.

 

Our heritage : the Congress, the journal Acta Museorum Agriculturae.

 

Let us begin by recalling the rule that the AIMA congress is held every three years, each time in a different country, because this rule is fundamental. It did happen occasionally that this three-year interval was not perfectly respected but, by and large, the congresses did take place without important interruptions from the founding of the AIMA on, and we can all regard that as a real success. The congresses were and must remain an essential tradition in the life and the activity of the AIMA. A living and strong tradition to which we must remain faithful.

The only innovation that can be envisioned in this regard is to widen the circle of countries participating. Up to now, all the congresses have been held in European countries, and there were good reasons for that. From a practical standpoint, it was long the only solution possible, and we might note that it is still a very good one. However, this should not prevent us from asking whether the AIMA must remain European or whether it should become a truly international association. In the first case, common sense would dictate that we change its name and statutes. If, on the contrary, we believe that the AIMA should become truly international, a goal that is clearly stated in the present statutes, then some of its congresses must be held outside of Europe. This is a point that the Presidium should take up and decide upon.

Furthermore, certain modifications should be introduced in the way the congresses themselves are organized. It is the AIMA tradition for the theme of each congress to be determined by the host country, an excellent tradition that there is no reason to change. Nonetheless, the congress represents an opportunity to meet and exchange with other members over all sorts of questions outside the main theme. It would thus be appropriate for time to be set aside for open workshops on other subjects than the congress theme, on the condition, obviously, that a workshop theme be put forward prior to the congress by a sufficient number of participants.

This is current practice in most international scientific congresses, for that matter, where the existence of a principal theme in no way excludes holding open workshops. Diversity is quite an important factor in success, to the extent that it enables specialists to come together in areas beyond the main subject. It is highly probable that the AIMA congresses would be more appreciated and better attended, if this diversity of expression had a recognized place and was officially adopted. Here again, it is up to the Presidium to decide whether having open workshops should be explicitly included as part of the congress organization.

 

After the congresses, the other AIMA activity was long represented by the journal Acta Museorum Agriculturae (AMA), in which the congress proceedings were published. Initially published in Prague by the Museum of Agriculture of Czechoslovakia, the journal ceased to appear after Volume 22 which contained the proceedings of the 1989 Randers (Denmark) congress, published in 1991. Subsequently, the congress proceedings were brought out by the organizing countries. Should we consider the disappearance of the AMA as unavoidable? Or, on the contrary, should we do our utmost to see that the journal comes out again in another form or with another title?

This is a complex issue and poses many questions, namely the legal one (who is to be the owner of the title?) and technical (would it not be wiser to rely on an electronic publication?). It also supposes broader insight into the future of national as well as international journals devoted to the history of agriculture. This would entail very considerable groundwork research, since there have been many such journals.1 Do we in the AIMA have the resources necessary to undertake such a task? Here again, this is a question that only the Presidium can decided upon.

 

 

The themes that fall within the AIMA’s ambit of competence. 1 – Museology

 

It might seem rather contradictory, after having pleaded the cause of open workshops, to propose a list of subject that could be included in such workshops. This might in fact run the risk of too narrowly limiting our thinking and it is not an easy task. If I propose to do so anyway, it is to stimulate this thinking, which should remain as open as possible. To put it in other words, what follows here is not some definitive catalogue of themes, but a simple list of possible examples to be completed or corrected as deemed appropriate.

I think it is convenient to break these examples down into two categories, according to whether they relate to the internal functioning of museums – that is museology – or rather to their contribution to the history, geography, archaeology, etc., of agriculture, that is, to research, given that there is not some hard and fast line between the two categories.

 

Here are a few subjects related to museology as such:

 

- documentation, conservation and security of objects (“objects” taken in the broadest sense, including archives, films, sound archives, electronic documents, etc.);

- organising permanent and temporary exhibits;

- the status of museums and their collections; conditions for acquiring and letting go of objects; insurance issues and security norms for the areas of museums open to the public, etc.

- operating costs of museums, their resources, opportunities for public and private financing, collectors’ items market;

- collaboration among museums and with collectors; exchange of information or objects, organisation and travel of exhibits, etc.

- museums’ relations with administrations, agricultural and professional organisations, private enterprises…

- relations with universities and research institutions;

- relations with the public or publics; identifying targeted publics (schoolchildlren, professionals, “general public”, etc.); analysis and evaluation of operations carried out (temporary exhibits, publications, etc.) targeting various publics.

 

 

I shall come back to some of these points later on. To make up for the slightly dry and too abstract aspect of this list, a concrete example will be useful – the example of agricultural vehicles has the merit of raising the issue of especially difficult conservation problems. These are wooden objects (except for wheel hoops, etc.) and of large size. Being made of wood means that they deteriorate quickly when left in the open air. Their large size means that keeping them requires quite large covered areas, which many museums simply do not have at their disposal. Furthermore, we must recognize that these vehicles do not seem to interest enough collectors, on the contrary of tractors, harvesting machines and machines more generally. The result is that, in a country like France, the situation these vehicles are in is particularly disastrous. Is it any better in other countries? That is possible, even probable, hence the interest of having an international group working on the subject, where various solutions found for the problem can be identified and brought to the attention of everyone concerned.

 

Subjects related to the AIMA’s fields of competence. 2- Research

 

Themes relating to research are obviously too numerous to count. Those that most closely interest the AIMA are the ones connected with the interpretation of collections. Here again, the subject of agricultural vehicles would be a good example. Beyond museological issues, they bring up so many questions of history and geography that call for as broad international comparisons as possible. Wherever it may have been in the world, in the past and today, transport has always been among the most important and challenging tasks of agriculture, and the diversity of means utilized (including their absence) is among the essential factors enabling us to interpret the diversity of agricultures themselves.

 

To provide other examples, here are two other subjects that directly concern the interpretation of objects and most notably agricultural tools.

 

Firstly, there are the gestures involved in work, in activities as diverse as sowing or harvesting (for example, how sickles or scythes are handled, etc.), grain processing (millstones, mortars), bread-kneading, how animals are handled, and so many others. What is more, working gestures are often accompanied by chants or songs, etc. We all know that precise knowledge of gestures is indispensable for interpreting objects. Gestures, chants and songs, etc., often have their own geographical area, again implying the necessity of broad international comparisons. Furthermore, many of these gestures have already disappeared and are known to us only through sources that pose problems of conservation and specific documentation (iconography, films, sound recordings, etc.)

 

Another example is represented by the makers of agricultural tools. Of course, one thinks of village craftspeople, especially blacksmiths, but we should not overlook more specialized trades, the existence of which, in some cases, has been attested over several centuries. Some of these tradespeople had customers on vast, even international scales. This was typical in the eighteenth and nineteenth centuries of the Austrian scythe-makers, whose products were marketed over nearly all of Europe. But we would also have to look into the tools made manually and especially for colonial countries (machetes, among others). The production of agricultural vehicles, tilling implements, and later on, agricultural machines, is also a theme on which international comparisons can shed great light. The fact that the history of agriculture converges with the history of industry at this point can provide the opportunity for fruitful collaborations with other institutions.

 

These examples are given only to stimulate discussion. What might make the originality and strength of the AIMA would be to propose research on the basis of these objects. Classical university research all too often ignores the interest of objects and the questions they raise to us. This is an unoccupied niche that the AIMA might enable us to fill.

 

 

Relations of the AIMA with other organisations

 

Since its creation, the AIMA has been an ‘organisaion affiliated with the ICOM’. However, this relationship has remained somewhat a dead letter and should be given more substance. Contacts have been made with the ICOM central office in Paris. One of the problems that arises, be it with the ICOM or other organizations, is the fact that the AIMA does not have a real legal existence. This is a complex problem, to which the Secretary and the French Alternate have already devoted considerable time and effort.

 

Although it is necessary to reinforce the links between the AIMA and museum institutions like the ICOM, it is just as necessary to approach agricultural institutions, beginning with the FAO. This is no easy matter, since the FAO has so far not demonstrated any interest in questions relating to heritage and the history of agriculture. The contacts made in recent months with one of its leaders, Luc Guyau, have not as yet led to any concrete decisions, but they represent a beginning. It might be possible to envision a Presidium meeting in the future at the FAO headquarters in Rome, with the objective of thus enhancing progress in the matter.

 

More generally, the question arises of relations between agricultural museums and professional agricultural organisations, but this is an issue that can only be resolved country-by-country. The role of the AIMA in this area might be to acquaint its members with the most interesting solutions found in various countries.

 

Finally, there is the question of the relations between agricultural museums and teaching institutions. The stakes here are particularly high and will be still greater, as time goes by, because, in modern societies, agriculture is no longer an integral part of ordinary citizens’ lives. This leaves room for every imaginable and possible idea, including the most misleading. To what extent might the teaching of agricultural history, promoted by museums among others, enable us to remediate this situation? What should be the place of the history of agriculture? Firstly, in general education, at all levels, but most especially in agricultural and agronomic education, where history is often considered with the disdain and wariness that touch on anything considered to be nostalgia for the past. Here again, the role of the AIMA might be to make known the situations in various countries, with their advantages and disadvantages.

 

Activities addressing the public : exhibits, festivals, publications, etc.

 

Although the question of exhibits is obviously central to the preoccupations of AIMA members, we shall not come back to it here, except to recall that the success of exhibits depends greatly on the interest they arouse in this or that ‘public’. Analysis of publics is an essential question in the work of any museum policy.

 

The issue of exhibits leads on immediately to that of ‘old-time work’, threshing festivals and demonstrations of all kinds that have come to be so important since the 1970s. Some of these festivals are organised by museums, but not all. In any case, it is often local associations that take the initiative and who have gone on successfully organizing such events over the last thirty to forty years. Most countries have fairly similar and, if also different, experiences in the matter. It would be appropriate for the AIMA to call for comparative international studies on the organization of such festivals, their success and development over time. Obviously, one of the essential issues is to find out what happens when the first demonstrators, who were “authentic” skillsholders, reproducing for a public the gestures that were once part of their everyday lives, disappear, and are replaced by “actors” who reproduce the same gestures without having had the living experience of them. This is nearly the same problem as in experimental archaeology…

 

Publications put out by museums are also meant for the general public, but only in part, since many of them (such as catalogues, for example) are primarily for internal use, even if museum staff rightly attempt to make them accessible to a broader public. These publications for internal use are usually meant for museum professionals themselves,2 as well as researchers, collectors, amateurs or connoisseurs interested in this or that category of objects. These publications have often remained little known and not widely shared. What might the AIMA do to improve this situation? This is another question that could be taken up by the Presidium. It is clear that, if the AIMA manages to set up a website as planned, this could be the essential instrument in setting up a truly international bibliography of publications produced by agricultural museums.

 

A last example, that might appear a bit anecdotal at first sight, is that of scale models and toys. Every civilisation has always had toys. Even today, we can find “agricultural” toys in specialized shops (tractors with trailers, harvester-threshers…) that attest to the importance of such items in our modern societies. In addition to toys as such, there are also scale models, made with highly serious educational or publicity objectives. These “serious” models probably saw their heyday in the nineteenth century, as a means to spread knowledge about machines and precision instruments for students and farmers to whom descriptions and drawings were not as eloquent as three-dimensional objects.3 Many of these models have disappeared, but collections of them can still be found here and there, which deserve far more of our attention.

In regard to activities addressing the public, we should not underestimate the importance of scale models, be they toys or “serious” objects. Toys and old models are the object of collections just like others and must be treated as such. However, we might ask whether museums could not favour or themselves organize the making of such models, with the double objective of making certain objects in their collections better known and assuring revenues from their sale (or by selling the rights to their reproduction). Some museums have probably already done this, and it would be interesting to compare their experiences. Here is yet another subject that the AIMA could fruitfully propose as a focus for exchanges among its members.

 

 

Final remarks

 

The AIMA is an association that does not possess great financial means. It obviously would be counter-productive to launch into too many or too ambitious projects, that would only lead to failure and discouragement. However, nothing is keeping us from thinking about what we could do, be it only reacting in a timely way to the opportunities that may present themselves. This thinking will have to be done with all the members involved. All ideas are welcome and must be allowed to circulate freely, with the understanding that the Association should not be committed to concrete action unless a minimum of favourable conditions are present. Still, it is the very circulation of ideas that often creates the conditions favourable to pursuing them. And this task is at the heart of the AIMA’s responsibilities.

 

François Sigaut
8 April 2012

 

1 A few titles among many others : Agrártörténeti Szemle in Hungaria, Agricultural History in the USA, Agricultural History Review in Great Britain, the JATBA (Journal d’Agriculture Tropicale et de Botanique Appliquée) in France,Tools and Tillage in Denmark, Vĕdecké Práce Zemědělského Muzea in Czechoslovakia, Zeitschrift für Agrargeschichte und Agrarsoziologie in Germany …).

2 An older example of a publication of international interest is the Handbuch der Europäischen Freilichtmuseen für die Reise, für das Studium, für die intermuseale Kommunikation by A. Zippelius (Köln/Bonn 1974), published by the Rheinland Open Air Museum in Kommern. The terms ‘inter-museum communication’ that appear in the subtitle are particularly meaningful in relation to the author’s intentions.

3 The most recent attempt to use models for educations purposes is probably presented in the brochure Models for rural development, by C. De Laet et al.(London, Acton Society Trust & Commonwealth Science Council, 1979).

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